«Plusieurs dizaines» de personnes sont «présumées décédées», a annoncé devant les médias à Lens le nouveau commandant de la police cantonale Frédéric Gisler, dont c’était le premier jour d’entrée en fonction. On déplore aussi «une centaine de blessés».

«A l’heure où je vous parle, tous les blessés ont pu être pris en charge», a-t-il ajouté. La plupart sont grièvement atteints. Les blessés ont été acheminés sur différents hôpitaux, la majorité à Sion, où le plan catastrophe a été activé, mais également à Lausanne, Genève et Zurich. L’institut de médecine légale de Zurich est aussi mis à contribution.

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M. Gisler a jugé vraisemblable qu’il y ait des nationalités différentes parmi les victimes, donc des touristes étrangers. L’identification des corps est actuellement en cours et constitue une priorité pour les autorités valaisannes. Cela pourrait prendre plusieurs jours voire plus, selon les responsables.

Selon le ministère français des Affaires étrangères, deux Français ont été blessés dans cet incendie.

Pas un attentat

Une enquête a été ouverte par le Ministère public du Valais pour élucider les circonstances du drame. A ce stade de l’instruction pénale pour incendie, la procureure générale Béatrice Pilloud a exclu la piste terroriste et donc un «quelconque attentat». C’est la piste de l’accident qui est ainsi privilégiée.

Selon les premiers éléments connus, l’incendie s’est déclaré aux alentours de 01h30 du matin jeudi. Celui-ci a «provoqué une déflagration, puis un embrasement généralisé», a expliqué le conseiller d’Etat valaisan en charge de la sécurité Stéphane Ganzer, lui-même ancien pompier. L’explosion n’est pas à l’origine de l’incendie, a-t-il insisté.

Mme Pilloud ne pouvait donner aucune autre précision pour l’heure, ni sur l’origine de l’incendie ni sur l’endroit exact du départ du feu dans l’établissement. Elle n’a pas répondu non plus à certaines questions sur les normes de sécurité du bar.

VS: état de situation particulière

C’est un tiers qui a pu appeler la police en voyant de la fumée se dégager du bâtiment du bar, qui a, elle, aussitôt déclenché «l’alarme rouge». Police, gendarmerie et pompiers, puis ambulances sont très vite arrivés sur place, selon le commandant.

L’Organisation cantonale valaisanne des secours (OCVS) a engagé tous ses moyens disponibles, a expliqué Mathias Reynard, président du gouvernement valaisan. Dix hélicoptères, 40 ambulances et quelque 150 intervenants sanitaires ont été engagés à ce stade, a-t-il détaillé. Le quartier a été complètement fermé.

Au vu de la gravité des événements, le gouvernement a décidé de décréter l’état de situation particulière, a précisé Stéphane Ganzer, permettant de coordonner des «moyens massifs». «C’est un drame sans précédent pour le Valais qui nous bouleverse», a-t-il déclaré devant les médias.

«Un cauchemar»

«Le gouvernement valaisan exprime toute sa solidarité à toutes les personnes touchées par ce drame. Ce qui devait être un rassemblement, une fête, a tourné au cauchemar. Nous adressons toutes nos condoléances aux familles touchées par ces circonstances dramatiques», a, lui, déclaré Mathias Reynard.

Le Conseil fédéral dit avoir appris avec «consternation» la terrible tragédie. «Ce qui devait être un moment de joie s’est mué, le premier jour de l’an à Crans-Montana, en un deuil qui touche tout le pays et bien au-delà», écrit le président de la Confédération Guy Parmelin sur la plateforme X. «Les pensées du Conseil fédéral vont aux victimes, aux blessés et à leurs proches, à qui il adresse par ma voix ses sincères condoléances», a ajouté le conseiller fédéral.

«Comme à notre habitude en Valais, nous allons rester debout tous ensemble avec la solidarité qui nous caractérise», a encore dit M. Ganzer. Il a appelé à la retenue dans ce moment de douleur, au silence, au respect et à l’écoute de l’autre.

Solidarité intercantonale

Les deux membres du gouvernement ont relevé et salué l’immense engagement et tout le travail de la chaîne des différents secours sur «une scène de chaos». A la mi-journée, encore une centaine de personnes étaient à l’oeuvre sur le terrain, police, pompiers, police scientifique, secouristes, enquêteurs, etc. Le président du gouvernement a salué «la très forte solidarité» des cantons voisins.

La vice-présidente de la commune de Crans-Montana, Nicole Bonvin Clivaz, s’est aussi exprimée. «Nous sommes bouleversés. Toute notre sympathie va aux victimes et aux familles touchées par cet événement dramatique et douloureux», a-t-elle dit, très émue. (awp/hzi/ps)