Ce montant est en baisse de près de 40% par rapport à 2024, grâce à l'absence d'ouragan touchant les côtes des États-Unis pour la première fois depuis dix ans.
Un recul comparable - près d'un tiers - a été observé par son concurrent Swiss Re, qui a évalué en décembre les pertes économiques mondiales liées aux catastrophes naturelles à 220 milliards de dollars.
Sur les 224 milliards, Munich Re compte 108 milliards de pertes qui étaient assurées, un total là aussi en net recul.
Malgré cela, «le tableau d'ensemble reste "alarmant"», note l'assureur dans son rapport annuel sur les catastrophes naturelles.
"Fièvre" planétaire
Au-delà des catastrophes majeures tels que les séismes ou les ouragans, ce sont désormais les inondations locales, tempêtes et feux de forêt qui pèsent le plus lourdement.
Ces derniers ont représenté 166 milliards de dollars de pertes totales l'an dernier, dont 98 milliards assurés, dépassant les moyennes hors inflation des dernières décennies.
L'exemple le plus frappant reste les incendies dévastateurs de Los Angeles en janvier, qui ont causé 53 milliards de dollars de dégâts, dont 40 milliards assurés, «de loin la catastrophe naturelle la plus coûteuse de l'année», selon le réassureur.
«La planète a de la fièvre et, par conséquent, nous observons une accumulation d'événements météorologiques sévères et intenses», explique à l'AFP Tobias Grimm, climatologue en chef chez Munich Re.
Climatoscepticisme
Cette mise en garde intervient tandis que le discours climatosceptique s'est renforcé, notamment aux États-Unis depuis l'élection de Donald Trump, et que l'Union Européenne a revu à la baisse ou retardé certaines mesures destinées à verdir l'économie, au nom de la compétitivité et de la sauvegarde des emplois.
Pour Munich Re, les faits restent pourtant clairs. Tant que "le point de bascule pour les émissions de gaz à effet de serre n'a pas encore été atteint, la Terre continue de se réchauffer", souligne Tobias Grimm.
«Plus de chaleur signifie plus d'humidité, des précipitations plus intenses et des vents plus forts», ce qui fait que le changement climatique «contribue déjà aux phénomènes météorologiques extrêmes», ajoute-t-il.
17'200 morts
L'année 2025 a par ailleurs montré «deux visages», selon le climatologue.
Le premier semestre a été la période «la plus coûteuse jamais enregistrée pour l'industrie de l'assurance», tandis que le second semestre a connu «les pertes les plus faibles depuis dix ans».
Outre les incendies californiens, un séisme dévastateur fin mars en Birmanie a causé 12 milliards de dollars de pertes, très faiblement assurées.
Les Etats-Unis, même épargnés par les ouragans, ont concentré la part la plus importante des pertes financières dans le monde, avec 118 milliards de dollars. Dans ce total, 88 milliards étaient assurés, témoignant d'un haut niveau de couverture du risque et de la forte valeur des biens exposés.
De manière similaire, Climate Central, organisation américaine à but non lucratif agrégeant des données sur le changement climatique, a décompté 115 milliards de dollars de pertes dans ce pays.
Les catastrophes naturelles ont par ailleurs causé quelque 17.200 décès dans le monde, principalement en Asie-Pacifique et en Afrique, selon Munich Re.
Un chiffre supérieur à celui de 2024, qui affichait 11.000 décès, mais qui reste bien en-deça de la moyenne sur trente ans (41.900) : «les mesures de prévention des risques commencent à produire des effets», conclut M.Grimm. (awp/hzi/ps)
