Concernant la cause de l’incendie, «l’hypothèse privilégiée» est celle de bougies incandescentes qui auraient été approchées trop près du plafond du bar, qui a ensuite pris feu.
Ils étaient sept à se présenter devant la soixantaine de représentants des médias locaux et internationaux rassemblés à Sion vendredi peu après 15h00. Les différents intervenants, dont le président du Conseil d’Etat valaisan Mathias Reynard, ont tour à tour renouvelé leurs hommages et leur soutien aux victimes et à leurs familles.
Le «drame humain» qui s’est déroulé sur le Haut-Plateau durant la nuit du Nouvel An et la «solidarité intercantonale et internationale essentielle» qui s’est fait ressentir ont été largement évoquées.
Priorité: identifier les victimes
«La police cantonale travaille sans relâche pour fournir des réponses légitimes aux victimes et à leur famille», a assuré le commandant de la police cantonale valaisanne Frédéric Gisler. La première question, «la plus importante» est de savoir «si leurs proches figurent parmi les blessés ou ceux qui ont perdu la vie.»
A ce stade de l’enquête, les autorités valaisannes ont fait état de 119 blessés, dont 113 ont été formellement identifiés. Parmi eux, 71 sont Suisses, 14 Français, 11 Italiens, 4 Serbes, 1 Bosnien, 1 Belge, 1 Luxembourgeois, 1 Polonais et 1 Portugais.
Six autres démarches d’identification sont en cours. Plus de trente spécialistes oeuvrent en ce sens.
En ce qui concerne les 40 personnes décédées, «l’identification formelle se poursuit sans relâche» et constitue «une priorité absolue», a relevé Frédéric Gisler. «Celle-ci prend du temps.» Et les chiffres pourraient encore évoluer, a-t-il ajouté.
Des bougies à l’origine du feu
Autre élément-clé, les hypothèses concernant la cause de l’incendie. «Tout laisse à penser que le feu est parti de bougies ou de feux de Bengale placés sur des bouteilles de champagne», a indiqué la procureure générale Béatrice Pilloud. Celles-ci auraient été «approchées trop près du plafond.»
«De là, l’embrasement a été très rapide et général», a complété la procureure, qui a tenu à rappeler d’emblée que «le Ministère public met tout en oeuvre pour élucider les circonstances de cet événement dramatique».
Des vidéos ont été obtenues et analysées dans le cadre de l’enquête. Des images montrant le plafond du sous-sol du bar Constellation – recouvert d’une sorte de «mousse acoustique» anti-bruit – s’embraser ont d’ailleurs commencé à circuler sur les réseaux sociaux rapidement après le drame.
L’enquête se poursuit
Plusieurs personnes ont été auditionnées, dont des témoins présents la nuit du drame et les deux gérants français du bar. Ceux-ci ont été entendus à titre de «personnes appelées à donner des renseignements» et non en tant que prévenus, a précisé Béatrice Pilloud.
L’enquête doit éclaircir davantage les circonstances de l’incendie et, peut-être, répondre aux questions des familles, de la population et des médias. La suite de l’instruction portera «effectivement sur la pose de cette mousse acoustique, et sur tous les éléments qui l’entourent», tels que la conformité de son utilisation et les autorisations qui y sont relatives ou non.
Des questions en suspens
D’autres éléments tels que les travaux effectués au sein du local, les matériaux utilisés, les autorisations d’exploiter ou encore les mesures de sécurité telles que les extincteurs, les voies de fuite ou encore le respect des normes incendie doivent aussi être analysés.
Le conseiller d’Etat en charge de la sécurité Stéphane Ganzer a précisé que le bar disposait d’une sortie de secours. Et que l’Office cantonal du feu n’a jamais été saisi d’un rapport de défectuosité à l’encontre du Constellation.
Le nombre de personnes que le bar est autorisé à accueillir et le nombre effectif de personnes présentes lors de l’événement ont aussi été évoqués. Les autorités valaisannes n’étaient pas en mesure de dire combien de personnes se trouvaient dans le bar au moment de la catastrophe.
Prise en charge des grands brûlés
Au niveau sanitaire, les autorités valaisannes ont précisé que près de 50 transferts de patients doivent avoir lieu dans les prochains jours vers des hôpitaux des pays voisins. «La planification se fait au niveau européen», a soulevé Fredy-Michel Roten, le directeur de l’Organisation cantonale valaisanne des secours (OCVS). Celle-ci suit «les procédures standards pour la prise en charge de grands brûlés, notamment en cas de catastrophe».
«La prise en charge des brûlures est hautement spécialisée, et peut s’étendre sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois», a poursuivi le médecin. Un autre élément pris en compte dans les transferts est le fait que «les blessés puissent se retrouver au plus près de leur lieu de vie», a poursuivi le directeur général de l’Hôpital du Valais Eric Bonvin. Etre inséré avec ses proches est un «élément essentiel à la récupération. (awp/hzi/ps)
