Une quarantaine de personnes, en majorité des jeunes, sont mortes, et 115 autres ont été blessées, la plupart grands brûlés. La piste de l’accident est privilégiée, mais son origine reste inconnue à ce stade.
Le bilan a été précisé en fin de journée jeudi par le commandant de la police cantonale, Frédéric Gisler, lors d’une nouvelle conférence de presse à Sion, en présence notamment du président da Confédération Guy Parmelin. Dans l’immédiat, la priorité sera mise à l’identification des personnes décédées afin que leur corps puisse être remis rapidement à leurs familles. Ce travail pourrait prendre plusieurs jours, a-t-il relevé.
«Vu le caractère international de la station de Crans, nous pouvons nous attendre à des victimes de nationalité étrangère», a précisé M. Gisler, comme il l’avait déjà fait dans la matinée. L’Italie a déjà signalé des dizaines de blessés ou portés disparus et la France deux blessés.
Une soixantaine de patients sont pris en charge à l’hôpital de Sion. Et 22 victimes brûlées graves sont traitées au CHUV, tandis que l’hôpital universitaire de Zurich en accueille pour l’heure plus d’une douzaine. Les deux centres spécialisés dans le traitement des brûlures en Suisse se trouvent dans ces deux hôpitaux.
Pas de suspect
Une enquête a été ouverte par le Ministère public du Valais pour élucider les circonstances exactes du drame. A ce stade de l’instruction pénale pour incendie, la procureure générale valaisanne Béatrice Pilloud a exclu la piste terroriste et donc un «quelconque attentat».
C’est la piste de l’accident qui est ainsi privilégiée, à savoir celle d'»un embrasement généralisé qui a provoqué une déflagration». L’explosion n’est pas à l’origine de l’incendie, a-t-il été souligné. Le feu s’est déclaré vers 1h30 du matin jeudi.
«Nous n’avons arrêté personne. Nous n’avons aucun suspect», a encore précisé Mme Pilloud. Elle n’était pas en mesure de commenter les informations circulant dans la presse sur les éventuelles causes de l’incendie (engins pyrotechniques ou pétards). La procureure générale n’a fait aucun commentaire non plus sur les normes de sécurité de l’établissement.
VS: état de situation particulière
C’est un tiers qui a pu appeler la police en voyant de la fumée se dégager du bâtiment du bar, qui a, elle, aussitôt déclenché «l’alarme rouge». Police, gendarmerie et pompiers, puis ambulances sont très vite arrivés sur place, selon le commandant.
L’Organisation cantonale valaisanne des secours (OCVS) a engagé tous ses moyens disponibles, a expliqué Mathias Reynard, président du gouvernement valaisan. Treize hélicoptères, 42 ambulances, trois camions catastrophe et quelque 150 intervenants sanitaires ont été engagés à ce stade, a-t-il détaillé. Le quartier a été complètement fermé.
Au vu de la gravité des événements, le gouvernement a décidé de décréter l’état de situation particulière, a indiqué le conseiller d’Etat valaisan Stéphane Ganzer, permettant de coordonner des «moyens massifs». «C’est un drame sans précédent pour le Valais qui nous bouleverse», a-t-il déclaré devant les médias.
«Un cauchemar»
«Le gouvernement valaisan exprime toute sa solidarité à toutes les personnes touchées par ce drame. Ce qui devait être un rassemblement, une fête, a tourné au cauchemar. Nous adressons toutes nos condoléances aux familles touchées par ces circonstances dramatiques», a déclaré Mathias Reynard.
«Comme à notre habitude en Valais, nous allons rester debout tous ensemble avec la solidarité qui nous caractérise», a encore dit M. Ganzer. Il a appelé à la retenue dans ce moment de douleur, au silence, au respect et à l’écoute de l’autre.
Les drapeaux seront mis en berne durant cinq jours au Palais fédéral à Berne après l’incendie de Crans-Montana, a, lui, annoncé Guy Parmelin. «Aujourd’hui, la Suisse est triste, mais aussi unie de coeur», a déclaré le président de la Confédération. Il s’agit de l’une des pires tragédies que notre pays ait connues, a-t-il dit, le ton grave.
«C’est un drame inédit et effroyable», a-t-il affirmé. «C’est avec une grande émotion que le Conseil fédéral a pris connaissance» de cet incendie meurtrier. «Derrière les chiffres des victimes, il y a des visages, des personnes et des vies totalement bouleversées», a-t-il dit.
«Vous n’êtes pas seuls»
«Certaines luttent encore pour leur vie. Je veux leur dire avec force et clarté: vous n’êtes pas seuls. Tous les moyens sanitaires sont engagés pour vous soigner et vous soutenir», a-t-il ajouté, saluant «l’action remarquable» des services de secours et des pompiers, du personnel sanitaire et des forces de police.
Le président de la Confédération a aussi tenu à saluer la solidarité intercantonale et internationale. Il a dit avoir été en contact dans la journée avec les présidents français, allemand et italien. Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a mis en place une cellule de crise et est en contact avec les ambassadeurs des pays touchés.
Dans les circonstances dramatiques du jour, Guy Parmelin a indiqué que les traditionnels voeux pour la nouvelle année devaient s’effacer. «En ce jeudi, le temps est à la prière, à la dignité et à l’unité». En soirée, une messe en hommage aux victimes de Crans-Montana a réuni 400 personnes. (awp/hzi/ps)
