L'abandon de la marque Baloise se traduira par un amortissement à hauteur de 1,0 à 1,1 milliard de francs sur l'exercice en cours, puis de 75 à 125 millions par année jusqu'en 2030. L'impact comptable doit ensuite être ramené sous les 10 millions annuellement, jusqu'à l'amortissement intégral de la marque, agendé pour 2040.

Touche rhénane conservée

Si le groupe abandonne la marque Baloise, sa nouvelle identité visuelle en reprendra dès cette année le logo, la couleur et la police, fruit d'un rafraîchissement qui avait accessoirement effacé le circonflexe en 2022. Le carré bleu ouvert «représente de manière stylisée un basilic (une chimère de coq et de serpent au regard foudroyant, figure héraldique bâloise, ndlr) symbole de protection et de vigilance,» indique le directeur général Fabian Rupprecht, cité dans la publication parue jeudi.

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La marque Baloise appartient aux actifs intangibles du nouveau groupe, dont la valeur cumulée au bilan est pour l'heure devisée à 3,38 milliards de francs.

Rationnalisation des effectifs en cours

Helvetia et Baloise ont finalisé leur fusion le 5 décembre dernier, donnant ainsi naissance a un géant du secteur en Suisse, lequel figure également parmi les dix plus grands assureurs européens avec un volume d'affaires de plus de 20 milliards de francs. Le nouveau champion avait dans la foulée annoncé la suppression échelonnée sur trois ans de 2000 à 2600 postes, sur un effectif total de quelque 22'000 collaborateurs.

Le rapprochement doit permettre de réaliser des synergies annuelles d'environ 350 millions de francs avant impôts, les coûts d'intégration étant eux devisés entre 500 et 600 millions ces prochaines années jusqu'à l'échéance prévue de 2028. En outre, la nouvelle entité devrait générer nettement plus de liquidités et la capacité à verser des dividendes devrait augmenter d'environ 20% d'ici 2029.

Présenté comme une union entre égaux, le rapprochement a formellement adopté les traits d'une acquisition de Baloise par Helvetia. Les anciens responsables de l'établissement saint-gallois ont du reste hérité de six des onze postes de direction, dont ceux de directeur général et de directeur financier.

Ces derniers ont prévu de livrer un nouveau point de situation sur l'avancement de l'intégration le 15 avril prochain, à l'occasion d'une journée pour investisseurs.

Pas d'incidence sur la marche des affaires

La nouvelle n'émouvait pas outre-mesure les analystes. La firme privilégiera conséquemment la présentation de résultats "sous-jacents", gommant l'impact purement comptable de cet amortissement sur les bénéfices et ainsi toute incidence sur la rémunération des actionnaires, observe ainsi Georg Marti, pour la Banque cantonale de Zurich. (awp/hzi/ps)