Les arguments des partisans ont fait mouche puisque 1,38 million de votants ont glissé un bulletin favorable dans l'urne, contre 956'814 un bulletin défavorable. La participation s'est élevée à 42%.

Les champions du "oui" sont romands. Près des trois quarts des votants à Genève (74,5%) ont accepté la loi. Ils étaient 69,9% à Neuchâtel et 69,5% dans le canton de Vaud, ainsi que 63,2% dans le Jura et 61,9% à Fribourg. Le "oui" était plus faible en Valais (55,4%). Les votants du canton de Berne ont eux soutenu le texte à 58,5%, ceux du Tessin à 54,8%.

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Ailleurs en Suisse, le texte a été largement approuvé à Bâle-Ville (73,3%) et à Zurich (62,5%). Dans les autres cantons, le taux d'acceptation oscille entre 50 et 60%. En revanche, quatre cantons et trois demi-cantons ont dit non. La Suisse centrale était particulièrement opposée. Schwyz détient la palme, avec 57,5% de "non".

Faire d'une pierre trois coups

Le projet soumis au vote voulait à la fois de réduire les atteintes à l'environnement et renforcer la sécurité énergétique. En outre, il faisait office de contre-projet indirect à l'initiative pour les glaciers. Déposée en 2019, cette initiative demandait le respect de l'Accord de Paris, qui vise le zéro net d'ici 2050. Ses auteurs l'ont retirée à la condition que le contre-projet soit accepté.

Ce dernier fait la part belle aux programmes d'encouragement financier pour réduire la consommation d'énergie. Le Parlement a tiré les leçons du rejet de la loi sur le CO2 et a écarté toute taxe et interdiction. Une approche saluée par les partisans.

La loi reprend l'objectif principal "zéro net". Le secteur du bâtiment et les transports ne devront plus émettre de CO2 d'ici 2050. Des objectifs intermédiaires sont fixés. La décarbonation de l'industrie et du parc immobilier bénéficie d'un encouragement de respectivement 1,2 milliard de francs au total durant six ans et 2 milliards de francs au total durant dix ans.

Le peuple suisse a accepté un objectif "ambitieux", a souligné le ministre de l'énergie et de l'environnement Albert Rösti. Selon lui, le "oui" de dimanche soir donne "un mandat clair" au Conseil fédéral et au secteur de l'électricité de produire davantage d'énergie locale. "Une politique climatique commence avec une politique énergétique", a ajouté le Bernois devant les médias.

Selon lui, "la balle est dans le camp du Parlement". Les Chambres ont déjà accepté des offensives solaire et éolienne. La réforme de l'énergie pour développer les énergies renouvelables indigènes et assurer l'approvisionnement en électricité est en cours d'examen. Et la loi sur le CO2 doit être débattue en septembre au Conseil des Etats.

L'UDC seule contre tous

Les partisans de la loi se sont félicités de cette "décision claire". Le remplacement des chauffages et la promotion de l'innovation sont des mesures efficaces pour la protection du climat, a estimé l'alliance pour le "oui", qui regroupait le PLR, le Centre, le PEV, les Vert'libéraux, le PS et les Vert-e-s ainsi que plus de 200 organisations, associations et entreprises.

Et d'ajouter qu'il est désormais important que la loi soit mise en oeuvre rapidement. Les exigences de la loi doivent être appliquées le plus rapidement possible sans que leur portée ne soit réduite, abonde Greenpeace. Les auteurs de l'initiative des glaciers ont quant à eux promis de veiller au grain lorsque l'ordonnance de mise en oeuvre de la loi sera mise en consultation.

De leur côté, les opposants, UDC en tête, ont annoncé qu'ils veilleront à ce que de nouvelles taxes ne soient pas introduites. "L'UDC va demander de considérer à nouveau la construction de nouvelles centrales nucléaires", a indiqué le président de la section vaudoise Kevin Grangier. Cette revendication est soutenue par economiesuisse. (awp/hzi/ps)