C'est ce qu'ont annoncé dimanche soir les autorités valaisannes. Les travaux d'identification des 16 corps restants ont ainsi pu être achevés. Quatre d'entre eux sont suisses, dont deux adolescents de 15 ans, une femme de 22 ans et une double nationale suisse et française de 24 ans. Outre cette dernière, sept autres Français sont parmi les victimes, dont deux femmes âgées respectivement de 26 et 33 ans et quatre jeunes hommes âgés de 14, 17, 20 et 23 ans. La police compte également parmi les victimes une jeune fille de 15 ans ayant la triple nationalité (française, israélienne et britannique).
Deux jeunes filles italiennes âgées de 15 et 16 ans, un jeune garçon italien de 16 ans, une jeune Belge de 17 ans et une Portugaise de 22 ans figurent également parmi les victimes.
Sur les 40 morts, 22 étaient suisses et 18 étaient des ressortissants étrangers. La plus jeune victime était âgée de 14 ans, la plus âgée de 39 ans. Les corps ont été remis aux familles, a-t-on ajouté.
La plupart des blessés ont été identifiés
Le drame a fait en outre 119 blessés, dont 71 Suisses, 14 Français, 11 Italiens, quatre Serbes, un Bosnien, un Belge, un Luxembourgeois et un Portugais. De nombreuses personnes ont été gravement brûlées et luttent pour leur vie à l'hôpital.
Cinquante-cinq blessés graves ont été acheminés vers l'hôpital du Valais durant la nuit du drame. Onze blessés s'y trouvaient encore vendredi. Des dizaines d'autres patients sont hospitalisés ailleurs en Suisse, notamment dans les deux centres pour grands brûlés de Zurich et Lausanne. Trente-cinq patients ont également été transférés vers l'Italie, la Belgique et la France.
Procédure contre les deux exploitants du bar
Tout indique que le feu a été provoqué par des bougies incandescentes ou des feux de Bengale fixées sur des bouteilles de champagne placées trop près du plafond. «De là il s'est produit un embrasement très rapide et généralisé», avait indiqué la procureure générale du Valais Béatrice Pilloud vendredi.
Une instruction pénale a été ouverte vendredi soir contre les gérants du bar «Le Constellation» après l'incendie qui a ravagé l'établissement. Le couple français est prévenu d'homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d'incendie par négligence. La présomption d'innocence s'applique, ont indiqué samedi la police cantonale et le Ministère public valaisan dans un communiqué.
Les critères requis pour une mise en détention provisoire du couple de gérants du bar Le Constellation à Crans-Montana ne sont, en l'état, pas remplis. C'est ce que déclare dimanche le Ministère public valaisan au surlendemain de son inculpation.
Actuellement, il n'y a aucun soupçon que les prévenus veuillent se soustraire à la procédure pénale ou à la sanction prévisible en prenant la fuite. Les autres critères, à savoir, le risque de récidive ou de collusion, n'entrent pas en considération, précise la procureure Béatrice Pilloud.
Des photos et des vidéos prises avant l'incendie ont circulé en ligne. Elles montrent un embrasement rapide du plafond du sous-sol du bar, recouvert d'une mousse acoustique. L'enquête doit notamment déterminer si cet isolant est conforme et s'il est à l'origine de l'incendie.
Les autorités communales de Crans-Montana ont remis le dossier concernant les contrôles effectués dans le bar au Ministère public. Il est en cours d'analyse.
La recherche a porté sur près de 60 ans d'archives communales, selon la commune. Celle-ci se porte par ailleurs partie civile dans la procédure pénale. Un des deux gérants poursuivis a indiqué dans la presse que l'établissement a été contrôlé "trois fois en dix ans" et que "tout s'est fait dans les normes".
Soutien international
Plusieurs pays ont proposé leur soutien. Plusieurs patients ont été transférés en Italie, en France et en Belgique. La Pologne et la Roumanie ont également proposé leur aide.
Trente-cinq patients doivent être transférés à l'étranger d'ici dimanche. Des équipes médicales italiennes et françaises se trouvent également en Suisse pour soutenir les équipes.
Le ministre italien des affaires étrangères Antonio Tajani s'est rendu sur place vendredi pour rendre hommage aux victimes. Plusieurs d'entre elles sont italiennes.
Énorme sympathie
Les commémorations se sont multipliées ces derniers jours à Crans-Montana et ailleurs en Suisse. Plus d'un millier de personnes ont participé dimanche à une marche silencieuse en direction des lieux du drame après une messe ayant réuni plusieurs centaines de personnes.
Une première messe avait déjà été organisée jeudi au lendemain du drame. Samedi soir, près de 1500 personnes se sont rassemblées au Temple de Lutry, commune de l'Est lausannois d'où viennent plusieurs victimes de l'incendie.
Journée nationale de commémoration
Une journée de deuil national est en outre prévue vendredi prochain. Les cloches des églises sonneront à 14h00, au moment où une cérémonie funèbre débutera à Crans-Montana, a annoncé le président de la Confédération Guy Parmelin.
Le conseiller fédéral s'était rendu sur les lieux jeudi au lendemain des faits. Il a donné l'ordre de mettre en berne les drapeaux du Palais fédéral et des ambassades suisses dans le monde vendredi pour une période de cinq jours. Le ministre de justice et police Beat Jans s'est aussi rendu à Crans-Montana samedi. (awp/hzi/ps)
