L'élément central de cette réforme prévoit d'appliquer à tous les hôpitaux le tarif correspondant aux coûts des 30% d'hôpitaux les moins chers, indiquent mercredi dans un communiqué commun les Hôpitaux suisses (H+), l'Alliance des hôpitaux pédiatriques de Suisse (Allkids) et l'organisation Médecine Universitaire Suisse (unimedsuisse).

Cette approche ne fait pas la différence entre les grands hôpitaux qui assurent un large spectre de prestations et gèrent des urgences et des petits établissements qui se spécialisent dans quelques traitements. Elle pénalise les hôpitaux pédiatriques et les hôpitaux universitaires qui traitent les cas complexes et peu lucratifs, et garantissent la prise en charge de tous les patients.

Partner-Inhalte
 
 
 
 
 
 

Il y a bien une réglementation permettant de rémunérer les charges financières supplémentaires. Mais elle est sans effet, indiquent les trois organisations. Ces suppléments doivent être négociés avec les assureurs maladie. Et c'est aux hôpitaux d'apporter la preuve de ces charges supplémentaires. Or, les réserves de capacité, comme le maintien d'un service de néonatalogie, sont particulièrement difficiles à chiffrer.

Si la réforme était mise en oeuvre telle quelle, les hôpitaux ne pourraient plus garantir la sécurité des soins à tous les patients. En Allemagne, une modification similaire de la tarification a entraîné une crise massive des soins.

Les signataires de la lettre - une vingtaine d'hôpitaux cantonaux, H+, Allkids et unimedsuisse - demandent la suspension de la réforme. La Suisse doit au préalable analyser la situation en Allemagne et confier ensuite un nouveau mandat qui réponde aux différents rôles des hôpitaux. Cette discussion doit être menée avec les caisses maladie, les hôpitaux et les cantons. (awp/hzi/ps)