«Le travail rend trop souvent malade», a déclaré l'USS dans un communiqué mardi, suite à sa conférence annuelle. Les absences maladies ont augmenté d'un tiers depuis la pandémie, équivalant à 80 millions d'heures de travail supplémentaires, selon le syndicat.
Les douleurs dorsales et des troubles psychiques sont les causes principales des arrêts maladies, d'après une étude de l'OFSP citée par Gabriela Medici, coresponsable du secrétariat de l'USS. Les métiers de la vente, de la construction ou de la santé sont principalement concernés, entre autres.
Pour mieux protéger la santé des travailleurs, l'USS recommande de contrôler les employeurs tous les deux ans, alors que les cantons effectueraient actuellement des contrôles tous les 20 ans. Le syndicat demande aussi un arrêt immédiat de l'extension du travail du dimanche et de l'allongement de la journée de travail à 17 heures, décidée par le Conseil national.
«Problèmes structurels»
Les absences longues durées augmentent aussi, de manière «particulièrement préoccupante», relève l'USS. Ce qui influence «le risque de licenciement, d'invalidité et de séquelles durables pour la santé» sur la durée. C'est également la première fois depuis 20 ans que la probabilité de devenir invalide a augmenté, souligne le syndicat.
L'USS rapporte que certains continuent de travailler malgré leurs problèmes de santé, aggravant leur situation médicale. Les travailleurs rapportent aussi des «conditions de travail éprouvantes», selon l'USS: une pression du temps, manque de personnel ou horaire irrégulier qui les pousseraient à travailler sur leur temps libre pour combler les exigences.
L'USS reproche ainsi à «de nombreux employeurs» de miser sur des «mesures alibis», comme des cours de gestion du stress, au lieu de s'attaquer aux problèmes structurels. Le syndicat déplore une loi du travail «peu appliquée» et une protection légale «constamment affaiblie».
Stagnation des salaires
L'USS relève aussi que les «salaires réels stagnent depuis des années», une situation «minimisée» dans le débat politique suisse, selon Daniel Lampart, coresponsable du secrétariat de l'USS. Ce qui entraîne une baisse de moral des consommateurs, qui se sentent de plus en plus sous pression et une baisse de la consommation privée par habitant.
«Alors que l'économie suisse continue de croître, les personnes aux revenus bas et moyens perdent du pouvoir d'achat, tandis que les revenus les plus élevés captent toujours plus de la richesse nationale», a souligné Pierre-Yves Maillard, président de l'USS. Il déplore notamment la réduction des impôts sur les bénéfices et les cotisations sociales.
L'USS demande ainsi des augmentations salariales pour les bas et moyens salaires. «Toute personne ayant fait un apprentissage doit pouvoir vivre de son salaire et gagner au moins 5000 francs par mois», selon le communiqué. Le syndicat préconise aussi davantage de moyens publics pour «les subventions aux primes, le logement abordable, les soins et l'accueil de jour des enfants». (awp/hzi/ps)
