Les pertes économiques liées à ces désastres ont fléchi à 280 milliards, après 286 milliards en 2022, selon l'étude Sigma publiée par le réassureur zurichois mardi. L'année a été marquée par «un tremblement de terre dévastateur en Turquie et en Syrie», ainsi que des tempêtes convectives, c'est-à-dire de forte intensité et très localisées, et des inondations urbaines de grande ampleur.

En tout, 142 événements naturels ont été recensés, «un nouveau record». La plupart ont engendré des pertes de 1 à 5 milliards. Le séisme en Turquie et en Syrie a été le plus destructeur, conduisant à des pertes assurées de 6,2 milliards de dollars.

Partner-Inhalte
 
 
 
 
 
 

Les dommages causés par les tempêtes de grêle, de pluie, les orages et les rafales de vents ont coûté 64 milliards de dollars, à 85% aux Etats-Unis. En Europe, la croissance de ces phénomènes a été la plus rapide. Le risque de grêle augmente en particulier en Allemagne, en Italie et en France.

Le montant total des pertes assurées l'an dernier "confirme la tendance de croissance annuelle de 5-7%" des dommages assurés liés aux phénomènes naturels depuis 1994.

Les pertes pourraient doubler

Swiss Re Institute estime que les pertes assurées pourraient doubler dans les dix prochaines années alors que les températures augmentent et que les phénomènes météorologiques deviennent plus fréquents et intenses. Les mesures d'atténuation et d'adaptation sont essentielles pour réduire le risque de catastrophe naturelle, selon le communiqué.

Jérôme Jean Haegeli, chef économiste de Swiss Re, souligne que «même en l'absence d'une tempête historique de l'ampleur de l'ouragan Ian, qui a frappé la Floride l'année précédente, les pertes mondiales liées aux catastrophes naturelles ont été graves».

Il appelle à tenir compte «de l'intensification des risques liés au climat», car «les tempêtes plus violentes et les inondations plus importantes alimentées par le réchauffement climatique devraient contribuer à davantage de pertes».

Pour M. Haegeli, «cela montre à quel point il est urgent d'agir», surtout si l'on prend en compte l'inflation structurellement plus élevée qui a fait s'envoler les coûts consécutifs aux catastrophes. (awp/hzi/ps)