Les premiers éléments de l'enquête ont conduit à l'ouverture d'une instruction pénale contre les deux gérants de ce bar à deux étages, a confirmé la procureure générale valaisanne Béatrice Pilloud samedi devant la presse.

Le couple français est prévenu d'homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d'incendie par négligence. La présomption d'innocence s'applique.

Le mari a indiqué vendredi à la presse que l'établissement a été contrôlé «trois fois en dix ans» et que «tout s'est fait dans les normes». «On fera tout notre possible pour aider l'enquête», avait-il également déclaré. Les propriétaires n'ont pas pu être contactés par Keystone-ATS.

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Dossier remis au Ministère public

Tout indique que le feu a été provoqué par des bougies ou des feux de Bengale fixées sur des bouteilles de champagne placées trop près du plafond, recouvert d'une mousse acoustique. L'enquête doit notamment déterminer si cet isolant est conforme et s'il est à l'origine de l'incendie.

Les autorités communales de Crans-Montana ont remis le dossier concernant les contrôles effectués dans le bar au Ministère public, a indiqué Mme Pilloud. Il est en cours d'analyse. La recherche a porté sur près de 60 ans d'archives communales, précise la commune.

La commune de Crans-Montana (VS) se porte par ailleurs partie civile dans la procédure pénale. Réuni samedi après-midi, son conseil communal l'a décidé à l'unanimité. Cela lui permettra d'apporter activement sa contribution à l'établissement complet des faits, écrit la commune de Crans-Montana samedi en soirée dans un communiqué.

Le conseiller d'Etat valaisan en charge de la Sécurité Stéphane Ganzer voit un gros problème dans le matériau utilisé au plafond. Il en est certain: quelqu'un a commis une erreur. Le président de Crans-Montana, Nicolas Féraud, s'est lui défendu de tout laxisme de la part de sa commune.

Huit corps identifiés

Les autorités s'affairent en parallèle à l'identification des victimes. Huit corps ont été identifiés, a annoncé samedi la police valaisanne. Il s'agit de quatre Suisses et quatre Suissesses âgées de 16 à 24 ans.

Il s'agit de deux Suissesses âgées de 21 et 16 ans ainsi que de deux Suisses de 18 et 16 ans. Les corps ont été remis à leurs familles. Les investigations pour les autres victimes se poursuivent activement.

L'incendie a coûté la vie à 40 personnes et fait 119 blessés, pour la plupart grands brûlés, selon le dernier bilan. Parmi eux, 71 sont suisses, 11 italiens, 4 serbes, 1 bosnien, 1 belge, 1 luxembourgeois, 1 polonais et 1 portugais.

Les autorités françaises ont annoncé samedi que 16 ressortissants français étaient blessés et 9 non localisés. Les autorités valaisannes avaient annoncé la veille 14 blessés français.

Chirurgies reportées

Les blessés sont répartis dans plusieurs hôpitaux en Suisse et à l'étranger. Une cinquantaine d'entre eux ont été transférés à l'hôpital du Valais à Sion dans la nuit de l'incident et plusieurs dizaines dans les deux centres pour grands brûlés au CHUV à Lausanne et à Zurich.

Les hôpitaux universitaire et des enfants de Zurich ont dû reprogrammer des opérations pour absorber le flux de patients suite à l'incendie. A Lausanne, grâce aux renforts et à l'organisation mise en place, la quasi-totalité des interventions programmées dès lundi a pu être maintenue, précise le CHUV.

La situation est sous contrôle aux HUG à Genève et à l'Hôpital de l'Ile à Berne. De nombreux privés ont offert aux proches des victimes un lit à proximité des différents hôpitaux suisses.

A l'étranger, une cinquantaine de blessés doivent être transférés d'ici dimanche, que ce soit en France, en Italie, en Allemagne, en Belgique ou encore en Espagne. Des équipes médicales italiennes et françaises se trouvent également en Suisse pour soutenir les équipes. (awp/hzi/ps)