«L'année 2025 s'est déroulée de manière bégnine pour nous en matière de catastrophes naturelles», a indiqué le directeur général Mario Greco jeudi lors d'une téléconférence, ajoutant que le groupe avait été prudent ces dernières années en matière de couverture d'assurance pour ce genre de risques.
Les événements les plus onéreux ont été en janvier les incendies à Los Angeles, qui ont coûté au secteur quelque 40 milliards de dollars de dégâts assurés. Zurich Insurance, qui est fortement implanté aux Etats-Unis, avait à l'origine devisé ses charges à 200 millions, mais a ramené ce montant à 150 millions, a précisé la directrice financière Claudia Cordioli.
L'actuelle saison des tempêtes hivernales outre-Atlantique ne devait pas peser sur l'assureur, a précisé Mme Cordioli. Quant aux tempêtes et inondations en janvier et février au Portugal, en France et en Italie, il est encore trop tôt pour en évaluer les coûts.
Le ratio combiné - un indicateur clés des assureurs pour mesurer le rapport entre les charges des sinistres ainsi que les frais généraux et les primes encaissées - s'est du coup amélioré de 1,6 point à 92,6%.
Cette prudence, liée à une hausse des primes d'assurance, ont permis au groupe d'afficher de solides résultats. Dans l'unité Dommages et accidents (P&C), la plus importante activité du groupe, les primes brutes ont augmenté de 8% à 50,42 milliards de dollars.
Au niveau du groupe, le résultat d'exploitation (BOP) a progressé de 14% à 8,9 milliards et le bénéfice net attribuable aux actionnaires a pris 17% à 6,8 milliards.
Ces chiffres sont supérieurs aux prévisions des analystes interrogés par l'agence AWP. Le dividende, proposé à 30 francs par action, a tout juste manqué les prévisions du marché qui étaient à 30,17 francs en moyenne.
La direction a estimé être «en bonne voie» pour dépasser ses objectifs financiers à l'horizon 2027. "Les résultats démontrent que nous sommes en très bonne voie pour atteindre nos objectifs 2027, voire même les dépasser", a affirmé M. Greco.
L'assureur a précisé avoir déjà surpassé certains des objectifs fixés pour 2027, notamment pour la rentabilité des fonds propres (ROE) de base qui sont actuellement à 26,9% et doivent dépasser les 23% selon les objectifs définis. Le ratio de solvabilité (SST) a quant à lui atteint 259% l'année dernière, bien au-dessus des plus de 160% ciblés, a détaillé le groupe.
Niveau «malsain» dans l'assurance auto
Du travail reste cependant encore à accomplir pour les afflux de liquidités, qui ont atteint 7,4 milliards de dollars en 2025 et qui sont visés à plus de 19 milliards sur l'ensemble de la période. Le bénéfice par action de base s'est pour sa part hissé à 45,1 dollars en 2025, alors que l'objectif est défini à 51,9 dollars d'ici la fin de l'année prochaine.
Pour les analystes de Jefferies, les résultats ont clairement dépassé les attentes du marché. Les activités d'assurance vie ont enregistré une forte progression, après avoir été pénalisées en 2024 par des éléments exceptionnels de 154 millions de dollars, ont-ils relevé.
Les résultats des activités non-vie ont par contre été de «relative mauvaise qualité», les marges ayant bénéficié de pertes moindres dues aux catastrophes naturelles et les assurances agricoles ayant profité d'une météo clémente, selon Jefferies.
Dans le secteur automobile professionnel, le ratio combiné s'est certes amélioré de 18 points de base, mais reste à un niveau «malsain» de 100,8%, ont sermonné les experts. (awp/hzi/ps)
