Les confinements dus au Covid-19 sur les marchés occidentaux les plus matures ont aussi entraîné dans certains secteurs des IT d’abruptes interruptions des opérations : dans le hardware, la demande de notebooks, claviers et moniteurs d’ordinateurs dont il fallait équiper les collaborateurs des prestataires financiers renvoyés en télétravail a certes été soudaine. Et dans les logiciels certains secteurs ont aussi tourné rondement. Il a fallu avant tout des solutions de communication comme Zoom, Teams, Skype et Slacks. Tout ce qui avait à voir avec la sécurité IT et les solutions réseau a également reçu des mandats de la part des grandes entreprises. Mais pour certains projets d’une taille notable, il y a justement eu des interruptions. D’une part, certains assureurs ont voulu vérifier la situation à court terme avant de s’y mettre sérieusement. De l’autre, pour des projets à certains stades, il est difficile de faire avancer les travaux depuis chez soi.

Numériser aussi vite que possible

Selon un sondage de la banque Morgan Stanley, on a constaté au deuxième trimestre une chute de 10% dans les dépenses IT par rapport à la même période de l’année précédente. Au premier trimestre, les responsables IT interrogés constataient encore une augmentation de 4%. Le troisième trimestre a ensuite vu un léger rattrapage. Mais le niveau de l’année précédente restait hors de portée.

Cela dit, les grandes entreprises et assurances qui ont acquis beaucoup de services IT l’ont fait en fonction de leurs priorités : au troisième trimestre, c’est l’intérêt pour des services de conseil spécialisé, en particulier pour le conseil en matière de numérisation, qui a beaucoup augmenté. La numérisation s’opère surtout au front-end, soit les apps, les sites et les plateformes. On économise sur bien des points peu visibles de l’extérieur. Selon Morgan Stanley, c’est pour cela que des entreprises comme IBM, qui fabriquent des ordinateurs centraux et vivent bien de leur position de monopole, souffrent particulièrement de cet ordre de priorités unilvoque. A l’inverse, Dell, HP et les producteurs asiatiques de notebooks bénéficient de la tendance à la mobilité et au télétravail.

L’intérêt pour les solutions cloud a été tout aussi grand et trois entreprises impliquées en ont particulièrement profité : AWS, Microsoft et Google. Actuellement, la maison mère d’AWS, Amazon, continue de fouetter ses ambitions dans l’industrie de l’assurance. Et Google se renforce dans son rôle de coopétition : d’une part elle collabore avec des assureurs, de l’autre elle s’efforce de disrupter numériquement le secteur.

Cloud. Cloud, cloud

Les thématiques et les priorités IT sont étonnamment bien placées dans les agendas des responsables IT pour l’an 2021. Selon la porte-parole d’Axa Melanie Ade, la migration des applications IT des noyaux de systèmes d’exploitation (kernels) dans les « managed public clouds Microsoft Azure et Google Cloud Platform, la mise à l’échelle d’« usecases » (cas d’utilisation) par des technologies telles que l’intelligence artificielle, le cloud computing, les computables contracts et les plateformes API, le développement ultérieur de la culture agile et le renforcement des équipes de produits afin de continuer d’accélérer les innovations issues des technologies, font partie des priorités absolues de l’année à venir.

A La Bâloise aussi, les noyaux de systèmes figurent au premier plan pour l’année 2021.  « Dans le cadre de notre stratégie Simply Safe Season 2, nous travaillons sur quatre dimensions, signale Alexander Bockelmann, CTO du Groupe Bâloise. « Focus the Core » : l’optimisation du portefeuille de produits et l’introduction au niveau du groupe de l’IFRS 9/17 ; « Reimagine the Core » : l’optimisation des expériences clients omnicanals, y compris les nouvelles propriétés numériques, la modernisation de nos activités de base dans l’assurance en Allemagne et en Suisse, ainsi que la consolidation post-fusion & acquisition en Belgique après l’achat de Fidea et Athora. » Tout cela est complété par « Diversify the Core », le développement des offres dans les domaines « mobility » et « home » et par la devise « Transform » : la mise en place de concepts DevOps et de modes de travail et de formes d’organisation transversaux.

Là aussi, le cloud est un sujet d’importance : « Nous planifions le démarrage du nouveau Baloise Private Cloud à haut degré d’automatisation et self-service, le soutien du modèle Hybrid Cloud (Private/public Cloud) pour des applications et la finalisation du lancement du nouveau poste de travail numérique avec outils de communication et de collaboration basés sur le cloud », ajoute Alexander Bockelmann.

Nouveau profil : l’entreprise tech

« La Mobilière IT poursuit son programme déjà éprouvé et ambitieux de numérisation de l’activité de base, expose Kim Allemann, porte-parole de La Mobilière. Nous développons des produits, services et processus compétitifs et renouvelons de fond en comble nos systèmes centraux. » En plus, les services sont peu à peu délocalisés dans le cloud. « Nous pouvons le faire encore plus et mieux depuis l’ouverture de notre premier Cloud Data Center en Suisse, sachant que là nos exigences élevées en matière de sécurité et de protection des données seront respectées. » En recourant à la technologie cloud, la compagnie d’assurances veut accroître la scalabilité et réduire les risques, garantir aux opérations des systèmes IT sûrs et stables, performants et évolutifs. 

« Zurich continue de se concentrer sur le développement de services numérisés et accélérera ce développement ces prochaines années, explique Daniel Englberger, Chief Information Technology Officer au Zurich Insurance Group. Nous misons pour ce faire sur diverses technologies afin de répondre aux besoins en rapide évolution des clients et partenaires. On parle ici d’intelligence artificielle, d’apprentissage machine et de l’Internet des objets. » En outre, il est question de mieux exploiter les données pour pouvoir proposer aux clients des services et produits améliorés. « Dans ce contexte, Zurich a publié un règlement de protection des données clients qui va au-delà des exigences légales. La mise en œuvre des nouvelles technologies permet par ailleurs à Zurich de continuer de simplifier et optimiser les processus internes et l’infrastructure IT, afin d’être en mesure de réagir encore plus rapidement à des conditions et besoins changeants. »