1. Pensez-vous que le système de l’AVS tel qu’il existe aujourd’hui sera toujours en vigueur dans vingt ans?

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Quelle: ZVG

Les Suisses reconnaissent le besoin de profondes réformes de l’AVS. Toute la question sera de définir celles qui pourront obtenir une majorité politique. Un volet social sera nécessaire. Mais en quelques années, le sentiment a clairement changé. Une grande majorité est convaincue que, dans vingt ans, le premier pilier sera très différent d’aujourd’hui. Les jeunes sont persuadés d’une profonde transformation. Les attentes sont considérablement différentes selon les âges, alors qu’elles ne diffèrent guère selon le genre, la région linguistique ou les opinions politiques.

2. Pour chaque pilier, pouvez-vous indiquer votre niveau de confiance par rapport à sa solidité financière: 2e pilier, prévoyance professionnelle LPP?

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Quelle: ZVG
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Le 2e pilier paraît moins solide que ne le laissent supposer les taux de couverture des caisses de pension (107,9% à fin juin). Selon la Commission de haute surveillance de la prévoyance professionnelle, à peine 10% des institutions (sur base pondérée du capital) sont en sous-couverture à fin juin, contre 1% à la fin 2019. Or près d’un tiers des sondés (30,8%) n’ont «pas du tout» ou «pas vraiment» confiance dans la solidité de la prévoyance professionnelle. Le niveau de méfiance dépasse celui que rencontre l’AVS. La baisse du taux de conversion et l’incapacité à formuler une réforme qui satisfasse la majorité laissent des traces importantes. Les plus sceptiques à l’égard du 2e pilier sont les indépendants, mais il est vrai qu’ils sont aussi moins bien couverts qu’on ne pourrait le croire. Les écarts sont modestes entre les sondés de droite et de gauche. A l’égard du système de retraite suisse dans son ensemble, les plus jeunes sont les plus méfiants.

3. Pensez-vous que, dans le futur, les jeunes générations en Suisse auront globalement un niveau de vie (et donc une retraite)…

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Quelle: ZVG

C’est sans doute l’une des réponses les plus surprenantes si l’on considère la hausse des revenus qui s’est produite depuis plus d’un siècle en Suisse. La majorité des sondés pense que les générations futures accuseront une baisse du niveau de vie, donc de leur retraite. Le recul sera «léger», de l’avis général. Mais il n’y a plus qu’un Suisse sur cinq (18,8%) à croire en une hausse du niveau de vie à long terme. Les différences ne sont pas à chercher dans les opinions politiques, mais plutôt dans le niveau de revenu et les régions linguistiques. Les classes inférieures sont les plus pessimistes. Les jeunes sont assez nombreux à croire en une amélioration à long terme (27,1%), mais ils sont minoritaires dans leur classe d’âge. On notera que 23,4% des Romands s’attendent à un revenu très inférieur, contre 8,9% des Alémaniques.

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4. Veuillez indiquer pour chaque proposition si vous êtes d’accord ou non: Les assurés devraient pouvoir choisir librement leur caisse de pension? 

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Quelle: ZVG

Trois quarts des personnes interrogées sont d’accord avec une idée qui ne fait pas débat en politique, le choix de la caisse de pension. En effet, actuellement, le salarié est directement lié à la caisse de pension de son employeur. Au total, la Suisse compte 1504 institutions de prévoyance pour une fortune d’environ 1000 milliards de francs. Leurs prestations et leur qualité de gestion sont toutefois très différentes. L’an dernier, la meilleure caisse de pension a obtenu un rendement de 19,3% sur son portefeuille et la pire à peine 3%, selon le sondage de Swisscanto. Le troisième cotisant (les marchés financiers) peut apporter une partie de la réponse au financement des rentes. Encore faut-il distinguer entre les institutions. Les sondés aimeraient davantage de concurrence. La mise en œuvre d’une telle proposition ne serait pas de tout repos. Mais la concurrence pourrait aussi permettre de réduire davantage les coûts de gestion et d’administration, donc d’accroître les rentes.

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5. Selon vous, quel est le principal responsable de ce dont un salarié dispose financièrement à sa retraite? Est-ce, en premier? 

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Quelle: ZVG

L’opinion des sondés correspond à la réalité du système de retraite suisse. Une forte minorité de 41,2% est d’avis que l’individu est le premier responsable de ce dont il dispose à la retraite. C’est aussi un signe de l’approche profondément libérale du citoyen. Le revenu dépend significativement de l’effort de chacun. Chez nos voisins, l’Etat serait sans doute considéré comme le premier responsable. Ici, il ne récolte qu’un tiers des voix. Il est toutefois omniprésent dans la définition des paramètres clés du système de prévoyance. Les sondés de droite sont logiquement plus nombreux (51,4%) à placer la responsabilité individuelle en tête que ceux de gauche (40,4%). Comme prévu, les Suisses alémaniques attendent davantage de l’Etat que les Romands.

6.Etes-vous favorable aux réformes suivantes?

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Quelle: ZVG

Les bas revenus et les jeunes sont les plus hostiles à l’idée de travailler plus longtemps. Le thème s’est, il est vrai, déplacé vers la flexibilité de l’âge de la retraite. La baisse du taux de conversion est économiquement nécessaire, selon les autorités, mais sans même préciser l’étendue de la baisse, l’idée ne convainc qu’un quart des sondés. Le recul est pourtant entré dans les faits au sein des caisses de pension enveloppantes (intégration de la part surobligatoire dans le calcul du taux). Jusqu’à quand les sondés pourront-ils résister? L’appartenance à la droite ou à la gauche ne modifie pas les réponses. Enfin, un taux de cotisation égal pour jeunes et seniors obtient une claire majorité.

7. Lorsque vous prendrez votre retraite, pensez-vous, à l’heure actuelle, que vous toucherez suffisamment pour maintenir votre niveau de vie ou que vous devrez réduire votre niveau de vie?

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Quelle: ZVG

Même si le maintien du niveau de vie à la retraite est inscrit dans la loi, la réalité est différente et les sondés en sont aussi convaincus. Les Romands ne sont que 12% à penser maintenir leur niveau de vie, soit moitié moins que les Alémaniques. Les revenus inférieurs et les indépendants sont davantage persuadés de devoir se serrer davantage la ceinture que la moyenne. Les hommes en sont également deux fois plus convaincus que les femmes. Si les jeunes ont un niveau de vie en général inférieur aux autres, ils sont tout de même persuadés qu’ils devront le réduire. Les différences ne sont pas fonction de l’appartenance politique.

8. Est-ce que vous vous préoccupez ou non de l’état de santé et de la qualité de gestion de votre caisse de pension?

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Quelle: ZVG

Le sentiment de blocage des réformes, les nombreux débats sur les différents aspects du système de prévoyance et la baisse progressive du niveau des rentes, à la suite du taux de conversion, se répercutent dans le niveau élevé de préoccupation sur la situation financière des caisses de pension. Selon Swisscanto, la rente annuelle (AVS + LPP) est passée de 64 000 francs à 55 200 francs pour un revenu assuré de 80 000 francs. Pourtant, la situation financière des caisses de pension privées n’est pas problématique. Le fait que 43% des jeunes se disent préoccupés par la gestion et la solidité de leur caisse paraît très élevé. Le résultat traduit une attention de plus en plus forte à l’égard d’un système qui très longtemps n’a commencé à intéresser l’individu qu’après 55 ans.

9. Selon vous, la priorité des caisses de pension doit être avant tout d’observer de manière stricte les critères du développement durable ou alors d’investir en veillant avant tout à la solidité financière des retraites? 

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Quelle: ZVG

La majorité se préoccupe d’abord de la santé ou de la gestion de leur caisse de pension. En l’occurrence, les études ne montrent pas que la prise en compte des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance péjore la solidité ou le rendement. Entre un quart et un tiers des personnes privilégient la durabilité. La priorité à la solidité des retraites est nettement plus marquée en Suisse romande (69,5%) qu’en Suisse alémanique (57,6%). Le nombre des personnes qui disent ne pas savoir est toutefois assez élevé, notamment parmi les femmes. Pour ceux qui privilégient le durable, la moitié irait jusqu’à accepter une baisse de la retraite de 5%.

10. A l’heure actuelle, pensez-vous…

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Quelle: ZVG

Le désir de quitter le monde du travail avant l’âge légal est très populaire puisqu’il est exprimé par près d’un tiers des sondés de 45 à 65 ans. Mais il risque de se heurter aux considérations financières. Les revenus modestes sont d’ailleurs nettement moins nombreux que les autres. Le départ à l’âge légal de la retraite est l’option la plus probable, mais de justesse. Le travail au-delà de l’âge légal est étonnamment fréquemment souhaité. Les hommes y sont aussi plus fortement enclins que les femmes.

source: «Le Temps»